19 août 2014

COULEURS du MAROC




MAROC
Photographies Cécile Tréal et Jean-Michel Ruiz
Textes Marie-Pascale Rauzier
35 euros dans les bonnes librairies dont la nôtre :
SAURAMPS - 2 Place Saint-Jean, 30100 Alès (tél : 04 66 52 18 25)

















""Du col, la vue plonge sur la vallée des Aït Bou Gmez, flaque verte enchâssée au creux de la montagne aride. C'est l'aspect physique de ces vallées berbères dont ce Haut-Atlas est incrusté. Elles surgissent telles des oasis sous les yeux du voyageur qui a parcouru des plateaux désertiques, côtoyé des canyons, traversé des forêts mortes, escaladé les crêtes de dinosaures rocheux, domaine pelé des rapaces et des chacals et, à la belle saison, des moutons, des chèvres, des chameaux et des bergers. En dévalant la pente caillouteuse, on distingue mieux la marqueterie méticuleuse des cultures, champs miniatures sertis de leurs canaux d'irrigation, et des feuillages des noyers ombrageant les talus"" (Karin HUET et Titouan LAMAZOU - Sous les toits de terre du Haut-Atlas)







""Toute la ville est saumon et indigo. Aucune autre teinte. Les murs des maisons ont été badigeonnés en rose saumon, toutes les portes et les fenêtres passées au bleu. Il en résulte une charmante uniformité. Dans cette lumière éblouissante, ces couleurs se marient de la plus harmonieuse façon"" (Jacques CHEGARAY - Au Maroc à l'aventure)















""Les dévideurs de soie font tourner leurs roues légères au milieu de leurs écheveaux couleur d'oiseaux des îles. Les teinturiers suspendent  au-dessus de la rue leurs laines et leurs soies encore fumantes de la cuve. Depuis des centaines d'années, le marchand de dattes, de noix, d'amandes, de henné, pareil à quelque idole rustique, trône au sommet de ses denrées, sa cuillère de bois à la main pour servir de loin le client"" (Jérôme et Jean THARAUD - Marrakech ou les Seigneurs de l'Atlas)







""Çà et là, des marchands trônaient derrière leurs pyramides d'oranges. On entendait les coups de tambourin d'un chanteur populaire et la clochette du marchand d'eau... Les éventaires des marchands de sucreries attiraient mon regard. On y voyait exposés des coqs et des poussins en sucre jaune ornementés de filets roses, des théières transparentes, de minuscules babouches et des soufflets. Ces objets magnifiques me rappelaient ma Boîte à Merveilles"" (Ahmed SEFRIOUI - La Boîte à Merveilles)







""Dans le Maroc central, le souk est bien plus qu'un marché. On y va sans rien avoir à acheter ou à vendre. Et pour s'y rendre, on ne regarde pas à deux jours de marche. Dans ce pays de population dispersée, c'est, avec les pèlerinages, la seule occasion de rencontre. Naguère, le souk était par excellence le lieu de la vie politique et sociale"" (Jean ROBICHEZ - Maroc central)
















""Soudain jaillit le cri que j'attendais : le dernier appel du muezzin, et aussitôt des voix répondent, de toutes les mosquées. Elles se détendent ainsi qu'un ressort, laissant une vibration dans l'air. D'autres s'envolent, aériennes, pour fondre dans le ciel, et de profondes se déchirent en sanglot"" (Roland DORGELÈS - Le dernier Moussem)







""Ces arabesques, faites de morceaux d'étoffe découpés et cousus, sont d'un dessin toujours le même, extrêmement ancien, consacré par des traditions millénaires : espèces de créneaux dentelés qui se succèdent en séries, les mêmes que les Arabes taillent dans la pierre au sommet de leurs murailles religieuses, les mêmes qui entourent leurs mosaïques de faïence..."" (Pierre LOTI - Au Maroc)







""Tout l'univers se retrouve dans la théière. Plus exactement, la sinia (plateau circulaire) figure la terre, la théière le ciel, les verres la pluie. Le ciel par la pluie s'unit à la terre"" (Abdallah ZIKRA)








""Se promener dans une oasis saharienne est un peu marcher dans un éden bien tenu. Les allées sont propres, bordées de chaque côté de murs de boue tassée à la main, qui ne sont pas trop élevés de manière à laisser voir la mêlée de verdure qu'ils abritent. Au-dessous des hauts palmiers aux branches qui se balancent, se trouvent des arbres plus petits : les grenadiers, les orangers, les figuiers, les amandiers. Au-dessous encore, dans des carrés proprets, entourés d'étroites rigoles d'eau courante, poussent les légumes et le blé"" (Paul BOWLES - Leurs mains sont bleues)







""Le père casse le sucre avec le fond d'un verre, broie dans le creux de sa main une poignée de thé vert, effeuille le bouquet de menthe. La vapeur de l'eau versée de la bouilloire en cuivre dans la théière de nickel qu'il lui tend à bout de bras, noie la figure de la femme accroupie devant lui. Le brasero est entre les deux plateaux, l'un pour les verres et la théière, l'autre portant trois boîtes de cuivre ciselé : sucre, thé, menthe. Sans qu'une seule goutte tombe sur le plateau, la théière remplit les verres de très haut. L'homme goûte l'infusion, claque la langue en guise de satisfaction"" ( Driss CHRAÏBI - Le Passé simple)







""C'était un repas marocain à l'ancienne mode, avec pour commencer une aiguière d'eau chaude, des serviettes et du savon. Quand tout le monde se fut lavé et essuyé, un plat en terre cuite d'au moins 45 centimètres de diamètre fut apporté et installé au centre. Il contenait une montagne de couscous, entourée d'une mer de sauce. Nous mangeâmes de façon traditionnelle, avec les doigts, procédé qui exige une technique certaine"" (Paul BOWLES - Leurs mains sont bleues)







""Des falaises qui défient l'Atlantique. Une garrigue rabougrie par le vent et le sel. Des mouettes, des mouettes, des mouettes... Et le souvenir obsolète des Phéniciens, la nostalgie surannée des Romains et la mémoire perdue des aventuriers de tous bords, dans une solitude angoissante..."" (Rachid HALAOUI - Essaouira à vol de mouette)








""Un printemps éternel entretient la verdure de ses jardins où bruissent et coulent des ruisseaux de toute sorte, ruisseaux d'eau délicieuse, ruisseaux de lait, ruisseaux de vin, ruisseaux de miel, glissant sous l'ombre épaisse des arbres..."" (Extrait du CORAN)








""Se passer les pieds au henné, même dans le courant de la vie, c'est toujours une fête, une occasion d'inviter des amies et de faire venir la chirat. On aime la couleur du pain cuit que cet enduit laisse sur la peau, l'aspect de pierre précieuse, de rubis, qu'il donne aux ongles. Et surtout, comme à tout moment on risque d'effleurer les génies de l'air ou de l'eau, il est prudent et poli à la fois qu'on ne le touche qu'avec des pieds ou des mains dont la vue et l'odeur soient également agréables"" (Jérôme et Jean THARAUD - Fèz ou les Bourgeois de l'Islam)







""Avec quel soin il choisit sa terre, avec quel amour il l'arrose d'une eau pure, avec quel respect il malaxe cette boue originelle! On ne crée que dans la joie. Cette joie mêlée de douleur, d'où procède la vie, fait frémir les doigts du potier d'une volupté quasi sacrée. Les pots sont des êtres vivants, ils naissent de la terre, de l'eau, de l'air et du feu"" ( Ahmed SEFRIOUI - Le Chapelet d'ambre)







""Oh! les étranges cavaliers, vus au repos et dans le lointain! Sur leurs petits chevaux maigres, sur leurs hautes selles à fauteuil, on dirait de vieilles femmes enveloppées de longs voiles blancs... Leur tête est tout embobinée de mousseline, et leurs burnous, sur la croupe de leurs bêtes, traînent comme des châles. On s'approche et, brusquement à un signal, à un commandement jeté d'une voix rauque, tout cela se disperse, essaime comme un vol d'abeilles... Et tous les burnous blancs qui les empaquetaient se sont envolés, flottent maintenant avec une grâce exquise..."" (Pierre LOTI - Au Maroc)
















MAROC
Photographies Cécile Tréal et Jean-Michel Ruiz
Textes Marie-Pascale Rauzier
35 euros dans les bonnes librairies dont la nôtre :
SAURAMPS - 2 Place Saint-Jean, 30100 Alès (tél : 04 66 52 18 25)


ThierryKarine



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